03 janvier 2018

Je marche dans la nuit par un chemin mauvais*

  * un vers issu d'un poème d'Alphonse de Lamartine mais qui est aussi le titre d'une pièce de théâtre qui m'a beaucoup touchée ( Cie Madani,  lien ici ).   La balancelle bascule sa carcasse Le vent sur la terrasse Caresse ce matin des spectres Assis sur du vide Ils serrent entre leurs mains des cœurs desséchés Des regards morts et des peurs calcinées Au fond d’un bol de café   J’ai froid et je ne veux plus pleurer   Je veux me cuirasser Livrer aux vers Ce qui reste d’amour... [Lire la suite]
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22 mars 2017

Intérieur Crépuscule

[variation sur le  texte précédent ; avec toujours en illustration une oeuvre de Jennifer Cronin. Je pense qu'on utilise le même gel douche ... ]   La lumière coule entre la porte et le mur La maison vit les dernières heures d’un jour triste Tu viens mourir dans l’interstice   Comment on sait que c’est fini ? Que la fosse est couverte Que les sales peurs les errances les cauchemars Y sont bien clos pour jamais ?   Je suis sur le départ Il n’y a pas de hasard Tu restes planquée Assise et tu... [Lire la suite]
13 mars 2017

Le goût de la gerbe

[illustration : Tin Can Forest - collectif d'artistes canadiens ] C’était facile et le goût des mots que je viens de gerber m’écœure. Il m’est si simple de bagayer toujours sur le même remugle. Des images sans grande originalité suivent le cours du marais, et de mes doigts coulent un verbe enflé. Je voudrais me claquer me saigner m’exploser écrire en sniper verbal mais tout ce qui vient sonne creux Mais j’aime trop ce goût dans ma bouche Trois jours que je me vautre dans une noirceur apprivoisée Car ce qui est dessous ne me vaut... [Lire la suite]
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13 mars 2017

Ouvrage de dame

    Je tricote et je tri-cœur Un coup entre les côtes Et même pas peur    Le calembour, le savais-tu mon âme,  Est la paillasse crade Où le désespoir s’essuie les pieds Quand la vie est en rade Il m’a tendu son bras décharné Il y a déjà quelques années Et j’y ai planté joyeusement  L’aiguille de mes tourments    J’ai pompé à rebours un sang pâle Qu’il sera toujours temps de  rembourser Lorsque la lividité cadavérique se sera installée Le savais-tu mon âme La métaphore... [Lire la suite]
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18 juin 2016

Soyez nombreuses, pour de nombreux demains.

    La femme zombie se tient assise à l’écart, droite et glacée. De la main elle me fait un signe discret, comme pour me dire : tu vois je suis loin mais je suis là .Tu n’en as pas fini avec moi. Alors que toute la journée je babayague fond de marais, que je picore entre les dents de la psyché les miettes que je veux bien considérer, il est vite  16 heures, un dernier coup de fil à passer, celui-là juste à côté ; voix professionnelle et efficace, je note scrupuleusement la proposition que l’on me fait, qui va... [Lire la suite]
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20 mai 2016

Fuite amniotique et produits dérivés

    Platitudes enchaînées à des espoirs brisés, je cherche un oubli éphémère dans le verre en équilibre sur le bord de la baignoire, heures désespoir. J’ai  jeté sur le sol les vestiges de ma vie d’autrefois, ajustés calibrés, éparpillés déchirés, le petit radiateur électrique voile le son de la télé dans l’autre pièce, je ferme à clé, pour un répit non quantifiable j’ai tourné la pendule posée sur la chaise de bébé, je veux qu’il soit nuit je veux minuit, je m’engloutis, Atlantide en ruine dans une eau fétide où... [Lire la suite]
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17 mai 2016

Jours de fête

  C’est la fête chez la baba ! Saignée à blanc elle tend les bras Scorpions salamandre et vipère Venez donc, mordez sa chair Gouteuse et tendre Elle est à terre Sa face n’est plus qu’ornière Distendue et amère C’est la fête dans l’isba ! Un incendie froid l’a ravagée Démons sans ombre, pieuvres, araignées Venez, crochetez ses serrures Explosez sa denture Sa bouche n’est plus qu’un puits Ouvert sur les enfers Une eau morte dégouline En puanteurs intimes C’est la fête chez la sorcière ! Elle... [Lire la suite]
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03 mai 2015

Atrophie cerebelleuse

  Je ne sais plus ce que parler veut dire, j’ai oublié comment vomir, j’ouvre la bouche et  je grogne des mots qui flottent un long moment dans le vide, avant de m’écraser sous les remparts de ta conscience.  Mon esprit s’atrophie.  Bras et jambes brisés je me traîne dans les douves  de mon âme à sec, je cherche des yeux un appui quelque  part mais je ne vois qu’un désert aride. Je pourrais rester là, à vivoter des aumônes de l’existence, blanchie nourrie logée, à regarder ailleurs le soleil se... [Lire la suite]
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