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Entre les murs j'entends mes peurs qui rôdent 

L'une est une femme qui porte un suaire 

Une demi-vie posée sur ses épaules 

Un peu de travers

Elle marche en silence

Sur les sentiers nocturnes de mon existence

Et un feuillage doux froisse ses lèvres 

Lorsqu’elle passe à travers la futaie des songes

Je sens sa présence

Entre le cauchemar et le rêve

 

L'autre est une vieille inutile

Couchée en chien de fusil devant la porte

Elle est là qui surveille

Ronflant comme une aube morte

Il faudrait me lever et l’enjamber

Renoncer à cette lutte inutile qui sent la sueur et le miel

 

Je sors un peu froissée de mon rêve

Un instant je le cherche

Dans la chambre moite et le bois qui craque

Une mouche agonise quelque part

Chaque bruit infime de la nuit tonne

Dans  le fracas des secondes qui s’étirent

L'effet du comprimé s'est dissipé trop tôt

Et j'ai dans la bouche l'amertume des heures non vécues

 

Insomnies somnambules,

Je marche en rêve entre de larges rues

Accompagnée toujours par mes duègnes fardées

Qui roucoulent leurs arias dévastées

Un doigt posé sur mes lèvres

Pendant que derrière mes paupières

Se lèvent les étoiles d’un nouvel hémisphère.