L'isba de la Baba Yaga

23 avril 2017

Allez voter !

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...après le café

...en revenant de chez tata Huguette

...à pied à cheval en trotinette

....en allant chercher le pain

... main dans la main ou avec ton chien

...en vélo en pédalo en solo

...à l'ouverture

...en mangeant des oeufs durs

...avec Jean Louis

...avec Heidi

...en jogging en robe du soir

...en escarpins en talons noirs

...à 10 heures ou à midi

..à 18 heures  dix-neuf  ou même vingt ce coup ci

...avec ton poisson rouge ton doberman ton ousititi

...en chantant en reniflant

... en ronchonnant en te mouchant en sifflotant

...convaincu  ou fataliste

...vote utile ou idéaliste ...

mais ...

va voter

va voter 

va voter !!

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18 avril 2017

*sens de la vie

iu[Damien Saez - Le manifeste]

 

"il n'est rien de plus beau qu'aimer

l'autre

bien plus qu'on s'aime soi"

Damien Saez Le manifeste "l'Humaniste"  

 

...tout est là.

 

*babaphilosophàdeuxballes

mon cœur s'emballe

Saez dans le casque

et la vie qui fleurit

qui frissonne

pleurs devant la téloche

et mon cœur en valoche

mots retenus

enfants

tripes

mère et quoi d’autre encore

bref

en avril ne te découvre pas d'un fil

moi j'ai le fil qui flanche

le fil des dimanches

le cœur cousu de fil blanc

le fil à couper les  évidences

celui dont sont cousus

les j'aime tordus

le sens de ma vie

que je ne sais pas dire

dans la pelote embrouillée

qui me sert à sortir

du labyrinthe des sentiments

de fil en aiguilles

plantées au fond des vrilles

et sans anesthésie

aux couleurs de la vie

et de l'amour,

aussi.

 

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papillons des étoiles

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"tu vois quoi  ?  

moi j’vois des pays. t’avais ça les planètes qui s’allument toi ? les terres qui s’allument dans les chambres d’enfants. les terres qu’on fait tourner, du bout des doigts, moi j’faisais tourner ma terre en y posant l’index, en fermant les yeux pour savoir où j’atterrirais, et puis j’rêvais. faire tourner la terre sur une terre qui tourne toute seule alors quand t’as l’occase de la faire tourner la terre, faut pas lâcher, c’est tellement elle qui nous fait tourner d’habitude la terre, à savoir si c’est pas pour ça qu’on a peu trop la tête qui tourne, nous qui tournons sans savoir qu’on tourne, tous les jours, on tourne, comme un manège dans l’espace, de lever du jour en lever de lune. alors on fait tourner nos rêves, du bout des doigts dans des chambres d’enfances, on fait tourner nos mondes pour mieux rêver et voir du bout des doigts où nous emporteront nos rêves, avant qu’on soit trop vieux pour faire tourner nos terres dans des chambres d’enfant, avant qu’on soit des cons d’adulte, avant la thune, avant la société, avant qu’on ait fini d’grandir puis qu’on soit plus qu’un dos qui s’courbe petit à petit pour y retourner à la terre, avant qu’on vende ses rêves. j’rêvais de c’que s’rait ma vie. du voyage qu’elle serait ma vie. on s’goure toujours quand on est gamin, mais alors qu’est-ce qu’on rêve. alors moi j’vois des pays quand j’regarde mon plafond. puis des étoiles. tu les vois les étoiles ? moi j’en vois plein, on dirait des papillons les étoiles."

  

texte extrait de "Pierrot dans l'espace", SAEZ Le Manifeste.

 

Saez Le Manifeste - Pierrot dans l'espace

 

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15 avril 2017

Chaudrons de sorcière

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Dansons au bord du gouffre 

Le diable est à nos trousses

Il a posé sur nos lèvres

Les accords de la fièvre

  

J’ai suivi dans la cendre un étrange sentier 

Dansons sur la pente 

Les notes bruissantes d'un rêve inversé 

Suivent nos pas qui chantent 

 

Un  funambule a couché dans ses bras

Le songe d’une existence

Dansons autour des caldeiras 

Aveugles avec élégance

 

Nos corps  se sont absentés

Dansons dans les abysses

Nos yeux se sont fermés

Au vent des précipices

 

Entends-tu les sanglots du volcan

Ses pleurs au goût de souffre

Disent d’anciens tourments

Dansons au bord du gouffre.

 

[retatouillage d'une  tambouille de l'isba originelle ; pour lire la 1ère version c 'est ici ]

 

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03 avril 2017

Angst

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Illustration : Candice Tripp

Elle serre ses doigts sur ma gorge 

L'angoisse 

Née du ventre 

Elle enfle et se forge 

Des tas de raisons bien pensées 

Raison insensée 

Elle s'est nouée au plus profond 

Dans cet endroit mystérieux 

D'où mes enfants sont nés 

Elle ouvre sa bouche malveillante

Ses mots couvrent les miens 

Elle s'enfante

En grognements lointains

Angst

Angoisse démesurée

Je vois son ombre se deplier sur les murs 

Dans les crissemens du plancher Angst 

Elle monte sans y être invitée 

Angst

C'est mon souffle qui la gonfle

Baudruche hideuse sur ma poitrine

Assise sur mes côtes 

Elle ranime les peurs infantiles 

Celle d'être perdue

Angst

Celle de n'être plus 

Et aussi celles nouvelles

Angoisses immatérielles

Angoisse maternelle anxiété naturelle

Angst

Vertige je la sens sur ma tête 

Dans la paume de mes mains sous ma chair

Glissée sous mes paupières 

A son aise à la tombée du jour 

Angst

Elle éclairera demain à rebours.

 

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02 avril 2017

Ce n’est qu’une fois dans l’ascenseur

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Ce n’est qu’une fois dans l’ascenseur qu’il se rendit compte que le café avait éclaboussé le bas de son jean. Il jura, la tache bordait sa cheville de méandres caramel, il détestait l’imperfection quelle qu’elle soit, et il se sentait contrarié, abusé, par les choses qui s’étaient moqué de lui, signant ainsi  sa défaite  sur le bleu industriel de l’ourlet.

La porte de l’immeuble était ouverte, callée par un  morceau de bois triangulaire. Cette année, Avril était prématurément chaud et le hall vitré accueillait la chaleur avec la douceur trompeuse d’un ventre. Il prit à gauche, cherchant machinalement ses clefs dans la poche de sa veste, puis il fit la grimace en se rappelant qu’elle était au garage depuis le début de la semaine. Il allait falloir prendre le bus et quelque chose lui disait que cela n’irait pas sans nouvelle péripétie.

Il lorgna le banc sous l’abri bus, occupé  par une femme d’âge dépassé, et sans doute son petit-fils, un garçon d’une quinzaine d’années, longiligne, écouteur greffé au cerveau et dos courbé. Deux adolescentes un peu plus jeunes le regardaient par-dessous, pouffant derrière leurs ongles manucurés. Le garçon ne leur accordait aucun regard mais une ombre de sourire montrait qu’il était toutefois conscient- et satisfait- de l’attention  qu’il suscitait. Comme à son habitude, Viktor enregistrait ces détails inutiles, sans que cela soit volontaire de sa part. Il voyait tout, entendait tout, retenait tout : une hypertrophie de sa mémoire faisait de lui l’enregistreur passif et neutre du quotidien. L’une des filles portait à l’épaule un sac de marque, couleur bordeau, déformé dans les coins par ce qu’il supposa être un ordinateur portable. L’autre avait laissé à ses pieds son sac à dos, et parlait en s’accompagnant de gestes précieux de la main droite. Il pensa qu’elles allaient au même lycée, mais lorsque le bus arriva à leur hauteur, il vit la première, celle avec le Longchamp, embrasser son amie sur la joue et s’éloigner d’un pas vif. L’autre fille avait saisi son sac à dos et s’était précipitée sur une place vacante à l’avant du bus, tandis que la grand-mère et le jeune homme restaient debout dans la travée centrale.

Viktor descendait dans trois arrêts, c’est pourquoi il resta debout lui aussi.  Il allait souvent se demander par la suite si cela aurait changé quelque chose.

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31 mars 2017

dans la tasse

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Dans la tasse ou dans la nasse

Viktor a cent ans Viktor a cent dents Viktor a cent temps

Lorsque la tasse se brisa, la tête du mickey resta attachée à la hanse, elle le fixait en ricanant, il en eut soudain la nausée.

Vicktor a sans temps Viktor a cent dents Viktor a cent tant

Les mots jouaient dans sa tête sans vraiment qu'il le voulût. Ils étaient là depuis son réveil, c'était ce rêve imbécile qui refusait de céder sa place. Dehors le jour forcément gris luttait, déjà. Viktor Abralsky soupira et se leva lourdement, il plongea sa main dans l'eau sale de l'évier d'un air vaguement dégoûté, un truc devait boucher la bonde et dans l’eau stagnante des morceaux jaunâtres flottaient, qu'avaient-ils donc mangé la veille ? Ses doigts se refermèrent enfin sur l'éponge. Il serra, encore, une fois peut-être de trop, car c'était son poing soudain qui se fermait avec violence, fichue journée et tout ce café répandu sur le sol.

Il eut la vision de sa jauge personnelle, celle que l'on remplit avec les ans et que chacun s'acharne à croire  encore incomplète, jusqu’à ce qu’enfin extinction totale, rideau, révérence tirée, les pieds devants et les pissenlits en bouquet,  il ricana, Vickor tombe, Viktor a cent tombes Viktor a cent ombre. Le rêve était confus, il marchait avec sur le dos la chemise d'un autre, c'était agréable pour une fois, et le trottoir tout à coup devenait plus étroit, il se vit comme dans son rêve, à vingt ans, quand Viktor avait le temps.

- Viktor c’est toi ? C’était quoi ce bruit ? T’as cassé quoi ?

- Rien. Rendors-toi.

Il manquerait plus qu’elle se lève. Il ne supportait plus qu’à peine les pleurs embusqués dans son regard, ce matin ce serait quoi ? L’évier encombré de vaisselle sale, avec les restes d’omelette dessinant une île improbable ? La tasse brisée, en plus celle au mickey ? Ou lui, qui ne comprenait rien ni jamais ?

Il tendit l’oreille. Aucun bruit ne provenait de la chambre. Tant mieux.

C’est le matin qui voulait ça. Il y a quelque chose avec les matins. Après… ma fois, le  jour s’essayait, la nuit putain fardée se glissait sous les rideaux jusqu’à n’être plus qu’un vague souvenir, il y aurait les tâches à accomplir, le pain à aller chercher, les habitudes carcan rassurant, elle se lèverait, allumerait la télé, puis elle se glisserait dans ces existences formatées qui de 9 à 11 venaient couiner un misérable espoir entre les  4 murs de leur F3 sans enfant ni chien.

Il jeta l’éponge souillée qui atterrit avec un splalsh mou sur l’assiette posée sur le dessus de la pile, jeta un regard consterné à la cafetière, puis à son portable sur la table. Pas le temps de se refaire un café, il le prendrait dehors. Viktor a cent ans, Viktor n’a plus le temps, Viktor perd ses dents, il sortit en fermant doucement la porte, le couloir sentait une vague odeur de friture, incongrue à cette heure matinale.

 Il se sentait encore collé à son rêve.

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22 mars 2017

Intérieur Crépuscule

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[variation sur le  texte précédent ; avec toujours en illustration une oeuvre de Jennifer Cronin. Je pense qu'on utilise le même gel douche ... ]

 

La lumière coule entre la porte et le mur

La maison vit les dernières heures d’un jour triste

Tu viens mourir dans l’interstice

 

Comment on sait que c’est fini ?

Que la fosse est couverte

Que les sales peurs les errances les cauchemars

Y sont bien clos pour jamais ?

 

Je suis sur le départ

Il n’y a pas de hasard

Tu restes planquée

Assise et tu tiens ton ticket

Je serre entre mes dents ce bonheur au goût de flotte

Je mords, fort, pour étouffer les cris

Sur le quai de la gare.

 

Comment on sait, hein, qu’elle est partie,

La conne, la pauvre, la folle,

La non-normée,

L’alarmée ?

 

Je suis sur le départ, crois-le, il n’y a pas de hasard

J’ai pris mon billet dans tes pleurs endormis

Je suis.

Toi, oublie de vivre,

Rien ne t’attends, vois ta peau fripée,

Tes mains sans gants.

 

Des mots cognent encore dans ma tête

Et s’invitent à la fête

Ils ont l’air hébété des non-nés, des oubliés,

Ils glissent dans la mousse

Mon crâne douloureux

S’esquive en douce…

 

Comment on le sait, hein,

Que l’on vit maintenant et ici ?

 

Remonte tes bras sur ton cœur et serre …

J’ai souvent glissé ma langue dans ta bouche

En murmurant des choses

Visqueuses et douces

Regarde-les grimper encore sur les carreaux embués …

Je suis sur le départ

Viens, accompagne-moi sur le quai

Serre-moi entre tes dents

Et apprends.

 

Que dire

Que transmettre,

Qui être ?

 

Je  me souviens

Quand autour de la baignoire la peur et la mort

Se frottaient les mains, elles brillaient fort

Leur cri sur le tien

Et cette salope, leur sœur la douleur qui me caressait là,

Et  qui m’ouvrait ses bras

Comment je sais

Que c’est terminé ?

 

Sotte fille abusée

Nous sommes sur le départ,

Farandole aux mains levées

Debout sur le quai de la gare

Tape au clavier viens nous virer,

Crève ta vie de mirliton,

Pauvre imbécile il y a de la place encore dans le wagon,

Es-tu certaine que c’est toi qui restes

Que c'est nous qui partons ?

 

20 mars 2017

A suivre

 

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[Pour accomagner cette babayaguerie balnéaire, une oeuvre de Jennifer Cronin ; site ici. ]

 

Intérieur-crépuscule. La lumière coule entre la porte et le mur, la maison vit les dernières heures d’un jour triste qui vient mourir dans l’interstice. La lumière étouffée du plafonnier révèle la poussière sur le sol, là un tapis élimé, sur la chaise entassés les nippes de la journée. Elle a remonté ses genoux contre la poitrine, souvenir.

LA FILLE DANS LA BAIGNOIRE : Comment on sait que c’est fini ? Hein, comment ? Que la douleur ne reviendra plus, que la fosse est couverte, que les sales peurs les errances les cauchemars y sont bien clos pour jamais, comment on sait ? 

LA DOULEUR, narquoise : Je suis sur le départ, crois-le, il n’y a pas de hasard j’ai pris mon billet je suis sur le quai de la gare. Toi, reste planquée,  prends entre tes dents ce bonheur au goût de flotte, mords, fort, pour étouffer les cris. 

LA FILLE DANS LA BAIGNOIRE : Comment on sait, hein, qu’elle est partie, la conne, la pauvre, la folle, la non-normée, l’alarmée ? 

LA PEUR, sournoise : Je suis sur le départ, crois-le, il n’y a pas de hasard j’ai pris mon billet je suis sur le quai de la gare. Toi, oublie de vivre, rien ne t’attends, vois ta peau fripée, tes mains sans gants et sans tourment, tu n’as jamais appris à nager. 

LA FILLE DANS LA BAIGNOIRE : Des mots cognent encore dans ma tête et s’invitent à la fête. Ils ont l’air hébété des non-nés, des oubliés, ils glissent dans la mousse, mon crâne douloureux s’esquive en douce…comment on le sait, hein, que l’on vit, maintenant et ici ? Comment on sait qu’on est guéri ? 

LA MORT : Remonte tes bras sur ton cœur et serre … J’ai souvent glissé ma langue dans ta bouche et murmuré des choses visqueuses et douces, regarde-les qui  grimpent encore sur les carreaux embués … Viens je suis sur le départ, accompagne-moi sur le quai de la gare, serre-moi entre tes dents et apprends. 

LA FILLE : Que dire, que transmettre, qui être ? 

Elle a fermé les yeux  dans l’eau froide, les bruits de la maison viennent échouer contre la porte. On téléphone. 

LES AUTRES : Elle est encore dans son bain. 

ELLE, triste puis en colère: Oui encore, elle se lave, elle se réconforte elle bulle, elle doit être bien dégueulasse pour rester si longtemps dans sa crasse. Ce que vous ne savez pas, que vous ne voulez voir c’est que dans sa tête elle part, elle veut en finir, elle l’a pensé oui sans le dire, et autour de la baignoire LA MORT et LA PEUR se frottaient les mains, elles brillaient si fort dans le noir je m’en souviens et cette salope LA DOULEUR qui me caressait là , qui m’ouvrait ses bras, elle avait pris la forme d’une voix trop aimée, une absence espérée putain j’ai eu mal et là comment comment je sais que c’est terminé ? 

LA DOULEUR, LA MORT, LA PEUR : Sotte fille abusée, nous sommes sur le départ, farandole sans espoir aux mains levées, debout sur le quai de la gare, tape au clavier viens nous virer, crève ta vie de mirliton, pauvre imbécile il y a de la place encore dans le wagon, es-tu certaine que c’est toi qui restes et que c'est nous qui partons ? 

Elle est sortie, la nuit tombée dehors cogne aux fenêtres. La maison est tiède, elle est le ventre vivant de jours à venir, les larmes sont restées dans la salle de bain, parties dans la bonde, le désespoir dans le siphon avec la peur qui gronde, il y a des gens derrière la porte, avec eux  elle sera forte. 

LA FILLE DANS LA MAISON : Comment on sait que c’est fini ? Quand on a envie de connaître la suite.

Intérieur-noir.

 

(Un jour oui un jour j’écrirai cette putain de dépression. sans fiortures.)

 

Iggy Pop - Break Into Your Heart | #PostPopDepression

 

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13 mars 2017

Le goût de la gerbe

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[illustration : Tin Can Forest - collectif d'artistes canadiens ]

C’était facile et le goût des mots que je viens de gerber m’écœure. Il m’est si simple de bagayer toujours sur le même remugle. Des images sans grande originalité suivent le cours du marais, et de mes doigts coulent un verbe enflé. Je voudrais me claquer me saigner m’exploser écrire en sniper verbal mais tout ce qui vient sonne creux

Mais j’aime trop ce goût dans ma bouche

Trois jours que je me vautre dans une noirceur apprivoisée

Car ce qui est dessous ne me vaut rien alors j’ouvre mon sac à vomi et je remplis tout plutôt que voir le vrai fond du désespoir je connais les  vieilles stratégies qui jusque-là m’ont réussi vivre moitié ailleurs moitié ici

Rêver

Dehors un ciel sans intérêt, l’herbe alourdie de rosée, les collines en face, bleues : que faire. J’ai cru qu’écrire me légitimerait, en quelque sorte, de ne pas exister.

 

 

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