L'isba de la Baba Yaga

25 septembre 2016

Antiquités rances

cheval

 

La petite pièce est encombrée

Par les dossiers de la psyché

Je tombe dans le reflet octogonal

D’un ordre banal

Je voudrais lacérer les vieux  réflexes

Qui me poussent en avant,

Toujours plus speed

Toujours doutant

 

Sur la route de campagne,

Le soleil projette l’ombre ratatinée

De vieilles cocagnes

Et j’écoute le discours moisi

D’une élite pourrie

Qui n’a même pas l’excuse de l’ignorance

 

J’enjambe avec maladresse un tas de vieux papier

Posé au sol par un guide désordonné

 Le cortège attend de prendre son ticket

Pour une visite groupée de mes rêves

Sous la férule sévère

D’une gardienne impubère

 

J’ai pourtant heurté par trois fois ma tête

Contre les remparts

Et j’ai entendu cliqueter

Les monstres enfermés

Par trois fois

J’ai  tenté de m’aviser

Mais la machine fatale a poursuivi sa route

Sous les remparts fêtée par mes peurs en déroute

 

Qu’aurais-je dû faire alors

J’ai appelé à l’aide et

J’ai mis les mots qui m'ont été donnés

Sur ce qui béait

Sans que cela suffise

Guérisse ou apaise

C’était il y a longtemps

Enfermée dans la salle de bain

Je pleurais et les enfants

Avaient toujours de quoi manger

Et s’habiller

Et les mots peut-être qu'à mon tour

Je ne les ai pas dits

Quand il fallait

 

J’enjambe un tas de vieux papiers

Posés au sol de ma psyché

Petits arrangements

Dispenses d’aimer

Trop mal ou pas assez

Sur le dessus une feuille a glissé

Peut-être celle que j’aurais dû conserver

La mise en plis officiels

Des carences maternelles

Que j’ai laissées entrer

Quand j’entendais cliqueter sous les murs

L’avertissement lointain

De mes pauvres armures.

 

[Illustration : G.B. Tiepolo, Le Cheval de Troie 1773 ]

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05 septembre 2016

L'heure de la sorcière

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Voici revenue l’heure des bruyères

Les ombres mauves sous le pas

Des bayadères

J’ai pris la poudre d’escampette

Loin des forêts couvrant ma tête

Je ne sais plus

Si le filet froid qui filtre entre mes doigts

Est de cette source-là, l’ancienne,

Qui parle d’effroi

L’encre tatouée à l’envers

Sous ma chair

Ou bien s’il sourd d’un puits asséché

Déminéralisé

Dompté domestiqué

 

Voici revenue l’heure des bruyères

Lorsque roussissent les aireliers

Sous un gel prématuré

J’ai posé sur mes lèvres mon index taché

A l’encre indélébile

De mes forêts

Je veux garder dans ma bouche

Ce  parfum trop doux

D’airelle sure

Le goût du sang séché sur mes genoux

 

Voici revenue l’heure des bruyères

Marquetée dans la cour

Et sous les murs du cimetière

La vigne vierge arrachée par le vent

Déroule d’anciens serments

Je brasse dans le chaudron

La fuite des générations

-d’autres montagnes dans le rétroviseur

Départs, et pleurs

Je suis surprise par leur violence

Et l’émotion qui me tord sur le siège passager

Un vide déjà éprouvé

Qui ne se comblera pas

Mais je sais sa beauté.

 

 

 [ illustration : une oeuvre du mangaka Tamura Yoshiyasu. D'autres oeuvres ici : http://www.ufunk.net/artistes/tamura-yoshiyasu/  ]

 

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22 août 2016

"Meg fait des confitures"

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[illustration trouvée chépluhou sur le net ]

 

Ça y est, l'été se tire...Une dernière salve de chaleur est prévue cette semaine paraît-il, une dernière occasion de s'assoupir le neurone sur la balancelle, de s'enfumer le cerveau au barbec, de se noyer la gerbe dans des petits verres parfumés,  entre ombre et lumière, de s'oublier en forêt. Drôle d'été - enfin drôle n'est pas vraiment le mot, entre effroi collectif et peurs individuelles, angoisses discrètes ou obsolètes, thérapies nouvelles et partagées, anciennes batailles pardonnées...

Alors que je fais le compte de tout ce qui m'angoisse à la rentrée, étonnamment mon corps semble apaisé.

 Je ne sursaute plus au moindre pet de moustique, mes rêves se voilent d'oubli pudique, je marche en équilibre sur des voies publiques - pff c'était juste pour la rime en hic, il y a longtemps que je n’ai pas écrit, je suis un peu rouillée, même après  3 cafés…c’est un peu comme si j’étais anesthésiée, vivant à peine au cœur d’une bulle  chaude et sucrée.

Ma bouche a un goût de rhubarbe, et je lèche sur mes doigts des saveurs poivrées, bouquets de l’été. J’aimerais pouvoir figer un de ces soir d’été, m&m’s et amitié, le mettre en pot sagement retourné sur le plan de travail de ma cuisine, cueillir une de ces brassées d’insouciance et la stériliser , la conserver, la ranger fièrement sur l’étagère des sentiments, entre mes pots d’abricots et mes gerbes en bocaux. Je sais bien qu’une dizaine de jours à peine nous sépare du chaos, des départs, des au-revoir, des retours des vautours, des changements-pour-toujours. Je sais qu’il faudra à nouveau affronter cette putain aux yeux fardés qu’est la vie, qui vous sourit pour mieux vous baiser. Je sais que mes chagrins reviendront, mes peurs, mes doutes, et mes pulsions.

 Ma bouche a un goût de rhubarbe, et je sens sur mes doigts des saveurs carnées, étonnamment je suis en paix.

 

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07 août 2016

Baignoire pour les corbeaux

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[illustration : "Chagall, songes d'une nuit d'été", aux Carrières de Lumières -

carrières  appelées autrefois "val d'Enfer" et décor du Testament d'Orphée. ]

 

 

Je n’écris plus comme avant.

Non parce que je pianote sur le smartphone

Mes vieux désespoirs

Au lieu de raturer à l’encre noire

Mes gammes aphones

- Je ne crois pas que l’outil  change la donne.

 

A peine un rythme, une coulée,

Que je claque le clavier,

En écho dans le casque à HFT

Que je glisse le bic sur des petits carreaux

Dans le silence de mon bureau

Ou bien comme aujourd’hui

Que je balance doucement mes scories

Devant les collines vertes et bleues

C’est juste que

La rivière gronde moins fort.

 

Peut-être est-ce

Parce que son lit est plus  large,

Plus affirmé

Et qu’elle a moins besoin d’exploser les rochers.

 

-c’est la première fois que me vient cette idée

Peut-être

Suis-je devenue  paresseuse

Non par lâcheté ou abandon

Ni peur de l’artifice

Mais parce que ce flux

Ce torrent imbécile qui me tordait sur la bassine

À gerber mes rimes

Cette poussée d’Archimède

Issue des fonds de baignoire,

De mes heures noires,

A fini de creuser son lit,

Large, et fort,

Ru à peine audible dans mon esprit

Fleuve, marais ou caniveau

Aux bords multiples de mon corps

Une baignoire pour les corbeaux

Issanette indispensable,

Peu profonde et caillouteuse

Qui coupe les chemins familiers

Afin d’évacuer.

 

Peut être – et j’ai su cela en partie

L’autre jour

Quand j’ai pleuré devant Chagall

Surprise et bouleversée

-sans que ce mot soit galvaudé.

 

J’ai su

Que quoi que je devienne

Et quoi que voient les autres

C’est là

Moins tourbeux

Moins haineux

Moins en colère sans doute

Mais la rivière souterraine roule mes mots

Comme des galets de calcaire éclatant

Et lorsqu’elle sort de l’ombre

Je m’en empare,

Nécessairement.

 

J’emmerde ceux qui n’y croient pas

Et en premier lieu,

Moi.

 

" En espagnol, elle pourra s'appeler Rio abajo Rio, la rivière sous la rivière (... ) la Loba, la femme louve ou la Huesera, la femme aux os. La Femme Sauvage archétypale est la patronne de celles qui peignent, écrivent, sculptent, dansent, pensent, prient, cherchent, trouvent (...) elle est absolument essentielle à la santé de l'âme et de l'esprit des femmes" . introduction à Femmes qui courent avec les loups, C.P.Estès. "chanter au dessus des os". Je m'y efforce. Toujours.

 

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25 juillet 2016

La Femme sépia

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[illustration : Femme au puits, Marcel Gromaire, 1933 ]

 [parce qu'à travers l'angoisse, je veux être optimiste, et que y en a marre du sépia, des vieilles photos dans des boites à sucre et de tout  le tralala. Que la femme sépia aille se boire une limonade chez la femme zombie, moi je suis vivante, et je reste ici. ]

 

 

Il faut tenir la nuit

Au creux des mains

Quand elle trace là sur la paume

Des royaumes indistincts

Caresses troubles

Fractures au son cristallin

D’un miroir double

 

Parce que je ne veux pas me perdre

Dans les atomes chauds

De la matrice

Je tente de rester là où je suis

Au-delà de nos cicatrices

Pas trop loin

En cas de besoin

Mais pas si près

Pas dedans non par pitié

Pas dans le miel

Des ruches générationnelles

 

Il faut tenir la nuit

En dedans des paupières

La brise agite le jardin et je fume une dernière cigarette

Assise sur une chaise bancale

Je frissonne

Je sais que quelque part

Le marais bruisse sa vie nocturne

Même si je m’en sens parfois si loin

Il est mien

 

Parce que je suis assise ici

Je peux vous voir, tous

Tenir mes doigts et votre amour

Le laisser affleurer

Une cape étouffante sur mes épaules

Dans la nuit de juillet

Je saurai la déposer

Sans la mettre en pièce

La colère m’a quitté

 

Il faut tenir la nuit

Coupante

Aigüe sur les collines

Discrète endorphine

Mais le sommeil me fuit

L’angoisse a fait son nid dans les branchages morts de mes rêves

Sa vague narquoise m’emporte

Je me relève

 

Parce que c’est ici que je vis

Et non dans les nœuds de velours du passé

Ni dans un ailleurs fantasmé

Parce que je ne suis pas

Ni celui-ci ni celle-là

La femme sépia

Parce que je suis singulière

Et colorée

Parce que j’ai tiré les cordes du puits

Et remonté la bassine

Pleine à présent d’une eau claire

En équilibre sur les ruines.

 

MELODY GARDOT Some Lessons

 

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15 juillet 2016

A sec

 

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[illustration : l'inconnue de la Seine, Albert Rudomine - 1927 ]      

 

Je vire sans boussole

Dans un puits sans ombre

Dehors la nuit s’agite

Quand sous mes doigts trop sages

Je m’évite

 

Plate et sans âme

Je me dissous lentement

Je rêve d’un jardin

Dont les plantes cachent un secret

Derrière des fleurs closes

 

À sec

 

Je ne ressens plus rien

Derrière les barrières de sécurité

Une silhouette gît sur le sol

Je suis la face cachée

D’une triste farandole

À sec et sans forces

 

Je vis d’automatismes

Et j’observe d’un œil clinique

Des cadavres sous la brise

Exquises balafres

Balancées au vent

Soupirant dans les affres

D’un mort vivant .

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24 juin 2016

ici et sur les tombes

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Des larmes de fougère

Me coupent toute entière

Glissante sans âme

Gisante et  infâme

Un nœud sanglote

Dans ma gorge un  ruban rouge

Dévide sa pelote

Je piétine en silence au fond d'un jardin immobile

Dont les feuilles factices

Tracent sur mes joues

Des lacets vibrants d’ombres pourpres

J’aimerais disparaître

Au fond du temps 

 

Des larmes de fougère

Me coupent toute entière

Gisante sans âme

Glissante

In – femme

J'ai posé ma tête sur l'épaule d'un rêve

Je rêve que je m’éveille

Sur un tempo tendre et lent

Par la fenêtre je sens la nuit  nouer les ombres

Ici

Et sur les tombes

Du petit cimetière

Amours sans prières

J'appelle sous les cendres

Des larmes de fougère

Me coupent toute entière

 

Gisante sans âme

Glissante

Infâme

Ma gorge pelote un nœud sanglant

Je piétine en silence

Au fond d'un jardin gris

Fleurissent des peines

Sur mes joues rougies

Les épines tracent  des lacets surprenants

 

Des larmes de fougère

Me coupent toute entière 

Gisante sans âme

Glissant ma peau de femme

J'ai posé ma tête

Sur l'épaule d'un rêve

Je rêve que je m éveille

Sur un tempo tendre et lent

Par la fenêtre je sens

La nuit qui s'effondre

Ici

Et sur les tombes

 

 

Dans mon poing déplié

S'étirent en guirlandes végétales

Des vers secrets

Aux plaintes abyssales 

J'écris comme on compose

Ma langue malhabile

Explore quand je l’ose

Des couplets obscurs

L’odeur est douce

Sous les fougères sures

 

Je rêve d’un rêve

Qui lui-même est un songe

La selkie a laissé sa peau bruissante

Sur la rive errante

Celle qui lasse errante

Rêve d’un rêve

Lui-même le songe

D’un songe

Par la fenêtre j’entends

Gémir la nuit qui tombe

Ici

Et sur les tombes.

[illustration : une oeuvre de Motohiko Odani ]

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18 juin 2016

Soyez nombreuses, pour de nombreux demains.

 

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La femme zombie se tient assise à l’écart, droite et glacée. De la main elle me fait un signe discret, comme pour me dire : tu vois je suis loin mais je suis là .Tu n’en as pas fini avec moi.

Alors que toute la journée je babayague fond de marais, que je picore entre les dents de la psyché les miettes que je veux bien considérer, il est vite  16 heures, un dernier coup de fil à passer, celui-là juste à côté ; voix professionnelle et efficace, je note scrupuleusement la proposition que l’on me fait, qui va lier ma vie pour  10 ans certainement ; étrange comme je peux être les deux quasi simultanément. Aucune hésitation au moment de composer le numéro laissé la veille sur mon répondeur, je vérifie juste les derniers chiffres. Je veux être sûre d’avoir tout bien fait même si j’ai attendu pour cela toute une journée. Et c’est après que je m’étonne ; l’action qui déraisonne. Piano étouffé sous le métronome. Le rêve n’est donc qu’un rêve ? Une case quelque part, que je coche  plusieurs fois par jour, obsessionnelle et névrotique, pour survivre à ce  bazar ?

Je commence à distinguer le confort dans la douleur, vide qui occulte bien des choses.

A qui bon discerner sous la peau translucide de la femme zombie les mécanismes à l’œuvre dans ma vie ? Je n’agis que dans un seul sens, celui où l’on m’a poussée dès l’enfance. Je renâcle pourtant, comme en témoigne la journée d’hier, passée entre deux eaux et finalement  rattrapée par les cadres et les lignes bien tracée dans la paume du banquier.

Et si j’arrêtais de m’écouter, de penser de tournicoter, si je crevais d’un seul trait les faux semblants, les ordres bien pensés, les masque-tourments ?

-lorsque cette idée-là se fait trop présente, lorsqu’elle finit par filtrer à travers les dents jaunies de celle qui garde, qui veille et qui punit, lorsque je te cherche désespérément pour servir de réceptacle à mes tourments, lorsque j’appelle un vide, lorsque mes yeux sont trop ouverts, lorsque s’éveille la chair,  lorsque je n’arrive plus à contrôler, lorsque la maitrise se noie dans le marais… alors je sombre dans la baignoire-à-fantasmer, morte ou vive de l’autre côté, je me dis que mourir serait plus facile et peut-être approprié, je repousse sous la mousse parfumée cet élan , cette énergie, que je sais pourtant à l’œuvre, l’envie de vivre, vraiment, bon sang, eros ou thanatos, entre les deux il faut choisir, ainsi parlait Winnie, je refuse, je ne veux pas avoir envie, je fais tout bien comme on me l'a appris.

Ces moments-là, tu peux me croire, portent le nom de désespoir.

Mais ça dure pas, hein. Parce que je fais tout bien.

 

Soyez nombreuses, pour de nombreux demains.

 

 

Thiefaine - Also sprach winnie l'ourson

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17 juin 2016

Résignation niveau1

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  [ Damien Saez, Le manifeste ; 16 /06/16 ]

 

Elle est assise au fond du rêve,

Trop sage et les mains jointes,

Cheveux tirés en arrière sur  un visage sévère

Le cœur crevé de craintes

Sous ses yeux des poches profondes

Lui cachent la vue du monde

 

Elle ne veut pas avoir envie

Elle ne veut pas ouvrir les yeux

Elle ne veut pas du frisson ni du balcon

Elle sait

Elle dit

Elle songe

Un parfum de vie,

La femme zombie

Des jours bulle

La femme flétrie

Aux yeux de funambule

La femme qui n’existe pas

La femme dont l’envers

Est mon endroit

 

Elle a le regard triste

Et le cœur creux

Elle a oublié comment aimer

Elle ne le peut

Elle se couche tard

Et ramène le drap sur ses yeux

Pour ne pas voir la nuit qui s’agite

Dehors

Elle veut buter le hasard

Et remettre à demain

Les lendemains

 

Elle tient tout contre sa tempe

L’envie d’en finir

Mais elle a pris soin de vider le chargeur

Soir après soir

Un verre seulement

Après le temps.

 

Elle est très vieille

Elle n’a pas vécu

Elle a tenu

Elle s’éloigne

Après m’avoir sans doute sauvée

Ou bien

Emprisonnée

Je ne sais pas quelle est sa part

Dans tout ce bazar

 

La femme zombie

Des jours bulle

La femme flétrie

Aux yeux de funambule

La femme qui n’existe pas

La femme dont l’envers

Est mon endroit.

 

 

 

 

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12 juin 2016

Kit pour la survie en milieu hostile

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Un Cioran en édition de poche (lire plus déprimé que soi aide toujours, principe numéro 1) 

Un pot de Nutella (parce que, à ce stade de la compétition, tu t’en fous du gras, principe numéro 2. Pot familial si possible.)

 Une chanson de Tom Waits. Qui mettra des fleurs sur la tombe d'une fleur ?

 Un bic 3 couleurs (car plus de rouge)

 Un cahier spirale petits carreaux (rouge si possible pour compenser)

 Une bouteille pleine de chartreuse verte ( parce que j'ai la mélancolie multicolore Ô paradoxe )

 Un polar de Harlan Coben (gain de place. Tu peux le lire plusieurs fois car tu auras oublié pourquoi le mari trompait sa si belle femme avec le jardinier)

 Et un bon kilo de gerbe à remâcher. Voilà c'est prêt ! !

 

  

[illustration : Une oeuvre de Pierre Soulages, 1956. Ou quand le noir soulage...   et pour la musique, Tom Waits, Flower's grave. ]

 

 

Flower's Grave (Tom Waits)

 

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